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DISCOURS DE SON FILS ALAIN

Pour que la vie puisse germer, il faut qu’un certain nombre de conditions soient réunies. Et alors, alors seulement le miracle se produit.


Il en va ainsi des êtres et des animaux, des plantes et de toutes les créatures. Mais il en va de même d’un livre, d’une place, ou d’un souvenir et d’une mémoire.


Comme il est gravé dans la pierre, juste derrière moi, si le corps de mon père n’est plus dans sa maison et que sa lampe s’est éteinte à GRIMISUAT, son village d’adoption,  il y plus de 10 ans, son âme et ses empreintes ont continué à traverser les saisons, tant il est vrai, disait-il,  que les souvenirs ne meurent jamais.


ICI, EN CET ENDROIT, qu’il s’agisse des montagnes, du VALAIS, de GRONE, son premier village,  de la maison familiale, sa première demeure,  du symbole de la croix, mais aussi de la droiture, la  dureté, la solidité des blocs de pierres à la douceur et la tendresse d’une eau qui coule dans une fontaine, SIMPLICITE, SOBRIETE, VERITE, BEAUTE tout est réuni en cet endroit pour que l’âme de mon père s’y sente bien et à sa place.


A toutes celles et ceux qui ont rêvé cette place, à M.  Michel COUTURIER, l’architecte et ami,  qui l’a pensée et dessinée, à la Commune de GRÒNE et ses autorités qui l’a décidée et rendu vivante, mais aussi à celles et ceux, ouvrières et ouvriers, qui ont prêté leur mains et mouillé cette place de leur sueur,  à ces TOUS CES BRAS qui l’ont réalisée, et à toutes celles et ceux, déjà hier,  aujourd’hui  et surtout demain, qui vont la faire vivre, qui vont s’y arrêter, qui vont s’y reposer, s’y désaltérer, s’y ressourcer, j’adresse du fond du cœur un  chaleureux et très cordial MERCI, en mon nom propre au nom de tous les siens ici présents et tout spécialement au nom MA MERE de celle


qui, comme mon père l’avait décrite dans un de ses derniers poèmes,


celle qui, depuis cinquante ans,  est sa compagne, au rythme des saisons en mouvement,

celle qui depuis cinquante ans  est sa confidente, dans l’art d’apprendre et de donner,


qui depuis cinquante ans,  est son miroir où réfléchissent les images vécues ensemble,


celle qui pendant cinquante ans  fut dans ses épreuves, fut là où il a vécu, fut dans sa terre, fut sa vigie.


qui, véritablement, celle qui depuis plus de soixante ans maintenant  écrit le livre et  garde la chaleur.


Elle répète la même prière, elle cherche la même trace, elle veille. Elle est son HISTOIRE et pour elle les jours ont compté davantage que les années.


OUI, celle qui depuis toujours  est son écriture et qui repeint son ciel vous dit


MERCI et que VIVE cette PLACE !

Alain METRAL