MAURICE METRAL site officiel

HOMMAGE À MAURICE MÉTRAL
né le 5 avril 1929 à Grône, décédé le 14 janvier 2001


LE LIVRE SUR LA TABLE DE FAMILLE :

Je n’ai pas eu le privilège de rencontrer Maurice Métral. Ceci ne m’empêche pas d’avoir ressenti sa présence.
La présence d’un homme, d’une stature, que je découvrais dans les pages du journal, son allure de gentleman lorsque la presse
rendait compte de son activité à la tête de la Renaissance française pour la Suisse, une manière pour lui de s’engager,
au-delà de son travail d’écrivain, pour la culture, la solidarité et la francophonie.

La langue et le Valais constituaient sa patrie. Le Valais d’abord, puisqu’il a contribué à le façonner de ses mains, par son travail
sur les grands barrages, la grande aventure du milieu du vingtième siècle du canton qui l’a vu naître. La langue ensuite, intimement
liée au premier, à travers son travail d’enseignant, de journaliste et d’écrivain. Tous ces engagements ont en commun la rigueur,
celle que lui reconnaissent notamment ses anciens collègues de la Feuille d’Avis du Valais dont l’un d’entre-deux me confiait le jour
de l’adieu que c’était à son maître qu’il venait rendre hommage, et la persévérance dont témoigne la bibliographie d’une œuvre qui fut
le lieu où Maurice Métral a réuni ses deux patries.

L’être humain, dans le contexte du Valais, est au cœur d’une œuvre ou la poésie et le réalisme sont convoqués pour traiter du destin
de personnages qui nous ressemblent. Maurice Métral a dit et magnifié l’ici et l’a déposé, sous la forme de nombreux romans, sur la table
des familles d’ici et d’ailleurs. Ses romans évoquent ces moments de rupture de la seconde moitié du vingtième siècle au sein des communautés alpines.
Ils soulignent combien le parcours de vie de chacun est une part du destin de l’humanité. Son succès populaire dit mieux que tout discours la réussite
de son ambition : construire une famille, un village, le pays.

Jacques Cordonier
Chef du Service de la culture du Canton du Valais

Sion le 14 janvier 2018


SON ABSENCE EST ENCORE PRÉSENTE DANS NOS CŒURS :

 

Avec l’école Maurice s’est rapproché des livres et, à travers eux, il a pu voyager dans ses rêves.

Par ses écrits, il nous a laissé un style littéraire, une œuvre foisonnante empreinte de sensibilité.
J’aimais l’entendre parler de sa jeunesse, de son village et de ses habitants.

Plus de 70 volumes racontent le chemin d’un homme engagé, un homme émotif et généreux.
Le Valais, son village, ses mœurs, ses coutumes et ses habitants sont autant de sujets qui le passionnaient.
Sa vie a été marquée par la dureté de son chemin au cours duquel il a dû se battre dans des milieux souvent hostiles aux idées novatrices.

Je crois que c’est dans la simplicité, dans l’humilité que la culture se fertilise le mieux et exprime avec le plus de profondeur les œuvres de celles et de ceux qui les ont conçues.

Les rêves des hommes ne sont pas toujours récompensés comme ils devraient l’être
mais les plus beaux d’entre tous les rêves sont ceux que nous réalisons là où ils naissent et vivent pour celles et ceux que nous aimons.

Le don de son bureau, de sa machine à écrire, de ses mérites et reconnaissances à la bourgeoisie de Grône dont il est membre d’honneur est le prélude à l’ouverture d’un espace culturel en sa mémoire et j’espère pouvoir un jour signer le livre du souvenir dans un milieu marqué de son âme et de ses empreintes.


Grône le 14 janvier 2017                                                       Michel COUTURIER
Architecte
 GRONE





Il y a 15 ans déjà (2001 – 2016)

15 ans

J’ai 15 ans
Plus un gamin, ni un enfant
Adolescent
Presqu’un adulte, bientôt un grand

J’ai 15 ans
Vraiment présent
Parfois absent
Mais bien vivant

J’ai 15 ans
Et POURTANT…
Si j’regarde devant
J’ai peur tout en dedans
...




EN SOUVENIR DE NOS CHERS VOISINS :
                  

A leur arrivée à Grimisuat, nous avons partagé quelques soirées ou soupers entre voisins.

Nous écoutions Maurice parler de son parcours de vie et de sa rencontre avec sa fidèle compagne Angéla.

Nous avons un bel héritage qui est celui de la collection de ses écrits et pratiquement tous dédicacés.

Nous avons eu plus de contact quand ils sont venus habiter dans la maison de l’un de leur fils.
Nous discutions autour d’un café de la manière de travailler le jardin, d’entretenir le gazon, des enfants et des petits-enfants.

Angéla, depuis le *départ * de Maurice ressentait plus le besoin de parler de lui, tout ce qu’il avait fait pour la famille et pour elle en premier.

Il lui arrivait, parfois, de le critiquer aussi pour certains de ses écrits, parlait de ses petits-enfants qu’elle adorait comme le font toutes les grands-mamans.

Quand Angéla est partie tutoyer les étoiles, de regarder cette maison vide, nous éprouvions un pincement au cœur.
Nous nous souviendrons longtemps encore de l’entendre nous dire combien elle attendait le moment de rejoindre Maurice à qui elle parlait le jour comme la nuit.

Au revoir chers voisins, 2015


Germaine et Michel BENEY

Grimisuat.




 HOMMAGE DEDIE A MON ONCLE MAURICE METRAL

 

L’union d’Emile et Marie Métral (Sartoretti) s’est composée de 10 enfants dont 6 vivants actuellement. De cette fratrie, 2 artistes ont vu le jour : Roger, l’aîné pour la musique et le football et mon oncle Maurice pour la langue française.

Mon oncle Maurice, dont on se souvient encore 15 après, est né dans une maison « ROSE » avec en face, la fontaine tant chérie par mon oncle qui se rappelle de sa mère allant faire la lessive.
Il faut aussi se souvenir que Maurice a fait toutes ses classes à Grône (petit village valaisan que chérissait mon oncle).

Dès son plus jeune âge, il montra un intérêt tout particulier pour le français.
Ses instituteurs et en particulier Monsieur Maurice MICHELLOUD lui ont apporté toute l’aide nécessaire afin qu’il puisse s’épanouir dans son écriture de cette merveilleuse langue, mais ô combien compliquée qu’est le FRANÇAIS. Comme à l’accoutumée, chaque vendredi, son instituteur, M. Maurice MICHELLOUD donnait une rédaction à exécuter pour le lundi matin. La coutume voulait que la meilleure fût lue en classe et à chaque fois mon oncle Maurice avait droit à cet honneur. Je crois savoir que l’instituteur avait gardé toutes ses rédactions, je ne sais s’il les lui a redonnées par la suite ?

Le curé de Grône, émerveillé par le talent du jeune Maurice lui demandait régulièrement, lors de réceptions de personnalités, de faire un discours de bienvenue.
Son père Emile lui donnait le sujet à traiter mais Maurice écrivait ce qui l’inspirait, ce qui lui plaisait, ceci lui a valu des remontrances très sévères.

Autre fait : vers ses 14/18 ans, Maurice se plaçait au centre du village où se trouvait un dépôt de bois. A l’aide d’une bougie qu’il fixait préalablement sur un tronc, il lisait ses poèmes, ses vers à la population qui l’écoutait émerveillée dans un silence total où seuls les applaudissements résonnaient.

En 1943, à ses 14 ans, sa très chère maman qu’il chérissait plus que tout, décédait, ce qui mit sa famille et Maurice en particulier dans un désarroi total. Il se cramponna, se recroquevilla sur lui-même avec courage et abnégation ; il s’est mis dans une forme de bulle et continua à parfaire son français.

Le théâtre :

Vers ses 17 ans, Maurice écrivit diverses pièces dont une avec comme base Robespierre intitulée « Le maître de la terreur «. Cette pièce a eu un très grand succès. Les spectateurs venaient même des villages environnants. L’année suivante, il remit cela avec une comédie dramatique intitulée « La mort a donné rendez-vous ».

Son périple professionnel l’a emmené comme charpentier au sein de l’entreprise familiale, au barrage de la Grande Dixence.

Un jour, par hasard son regard vint à croiser celui d’une jeune, belle et charmante italienne du Nord, prénommée Angéla Romelli et le destin voulu qu’il l’épousa en 1952 ; cinq enfants ont scellé cette union

Son œuvre lui a valu une première récompense communale. Il fut nommé
« Bourgeois d’Honneur » en 1985.

La Renaissance Française, placée sous le haut patronage du Préfet de la Ville de Paris Monsieur Roger DUMOULIN, ce dernier nomma Maurice comme président suisse de la Renaissance Française.
Sur conseil de mon oncle, Roger Dumoulin nous avait fait l’honneur de choisir le château Morestel et le hameau de Loye pour la remise solennelle des décorations, insignes et diplômes en collaboration avec la Société de Développement de Grône-Loye.

En 1995, la cérémonie officielle a eu lieu à la scierie de Loye. Les mérites ont été remis par le Vice-consul de France en Valais. Force a été de reconnaître que par la notoriété apportée à Grône, à Loye et sa région, une dynamique, une publicité, et une image telle de notre commune ainsi que son bénéfice a été incommensurable et inestimable.

Maurice nous laisse, au final, de nombreux poèmes, écrits et essais complétant une septantaine de livres dont son autobiographie sur sa jeunesse au sein de sa famille et amies, titré
« Ce haut pays dont je suis l’enfance ». Cet ouvrage décrit aussi bien Grône de la plaine à la montagne. Cette autobiographie est qualifiée comme références par ses pères.

Le conseil communal de Grône a décidé de lui dédier une place à son nom devant laquelle nous avons été conviés le 20 octobre 2012 pour son inauguration. On peut constater qu’elle est composée de 7 colonnes. Pour connaître son origine, il faut remonter à la mythologie grecque. En effet, Zeus, dieu grec, a eu 9 déesses dont le 7ème Polymnie est déesse de la poésie d’où l’explication des 7 stèles.

Pour faire plus simple : Le Président de la Commune et son architecte ont expliqué à notre famille que chaque stèle représentait un membre de la famille de Maurice. Donc 5 enfants et les parents.

Maurice a certes habité définitivement Grimisuat mais, son cœur est resté « enfant de Grône ».
Le Conseil communal de Grône, et toute la communauté grônarde lui a dédié ce mémorial pour son œuvre.( les très nombreux prix et récompenses qu’il a perçus).
Cher oncle tu as écrit dans ta vie en symbiose avec la littérature française mais aussi tu as porté au loin, ton don de l’écriture c’est-à-dire dans tous les pays francophones même jusqu’à
La Légion D’Honneur (La plus grande distinction française pour une œuvre complète)

Il ne fait aucun doute que Maurice, par sa notoriété, est et restera pour nous un ambassadeur.
Nos remerciements vont aussi à ses enfants mais tout particulièrement à son épouse Angèle, qui fut au court de sa vie son inspiratrice et sa muse !

Cher Maurice, si tu nous entends, un grand MERCI pour ton héritage. Tu as su conjuguer le verbe avec excellence, tu as utilisé l’adjectif qualificatif avec délicatesse et justesse, ton imaginaire débordant de connaissance et de finesse et de la langue française est

impressionnant. Quelques feuilles de papier, une plume et ton intellec, tu écrivais en osmose avec les personnages des chapitres, chapitres tous plus passionnants les uns que les autres.
Les pleins et les déliés s’enchainaient à des rythmes et des cadences en une frénésie grammaticale. Tu écrivais avec une telle Maestria qu’il semble que tu « dansais » avec ton art, c’est-à-dire la langue française.

Il semblait que  tu chantais ces personnages, ces héros du moment, que ta main effilée, légère, précise, utilisait la plume avec minutie de l’orfèvre ; orfèvre de tes mots, de tes phrases en lettres d’or, sortie sur le pourtour de diamants et autres pierres précieuses multicolores et que ceci forme une final un « arc-en-ciel » arc-en-ciel qui, brille en chacun d’entre nous encore après 15 ans.

Comme tu le disais si bien : ton empreinte reste sous forme d’héritage que les passionnés de lecture présents et futurs pourront apprécier et se délecter de tes livres et ce à jamais.

Merci pour nous avoir tant donné en culture et tu restes un « grand personnage »
dans nos cœurs.

Grône, fin 2015

Michel Métral

Ton neveu




HOMMAGE D’UN ARTISTE A UN AUTRE

 

C’est avec beaucoup de plaisir et de complicité que j’ai rencontré très fréquemment le talentueux écrivain Maurice Métral à la rue des Grandpraz à Grimisuat.

Nos chaleureux échanges ont abouti à un projet commun qui réunit ses poèmes et mes sculptures dans un coffret et dont nous en avons été très fiers surtout mutuellement.

Ce partage fut une réussite reconnue notamment par Monsieur
Léonard Gianadda, qui appréciant notre travail, a mentionné dans sa dédicace :

« L’art de Gabongo associé aux poèmes de Maurice Métral illustre un mariage réussi ».

Je conserve intact le souvenir d’une belle personnalité ouverte au monde des Arts et de la Culture reconnue à l’International.

Même maintenant après 15 ans déjà, son absence me manque encore et surtout nos conversations lors d’une rencontre en promenade.

Grimisuat, fin 2015

Gabriel Vuignier alias Gabongo




15 ans

J’ai 15 ans
J’veux pas grandir
J’veux plus vieillir
Ni m’assoupir et décrépir

J’ai 15 ans
J’veux pas partir
Et revenir
Faut bien l’écrire
Tu vas bien rire
Peur de MOURIR
J’ai 15 ans

J’suis ton SOUVENIR

Ton fils Alain




Déjà 15 ans mais toujours présent !

Chaque fois


que je me plonge dans la lecture d’un livre
que je me laisse envahir par l’histoire d’un roman
que je range ensuite les livres déjà lus

 Je pense à vous
Et ça fait quinze ans que cela dure !
Chaque fois


que je me retourne vers le passé
que je me rappelle de nos discussions intéressantes
que je me balade dans les vignes

Je pense à vous
Et ça fait quinze ans que cela dure !
Chaque fois


que je passe devant la maison familiale
que je m’occupe de la taille des arbres devant la maison
que je passe la tondeuse

Je pense à vous
Et ça fait quinze ans que cela dure 
Chaque fois


que j’observe le chemin de vie de nos enfants
que je m’occupe de mes petits enfants
que je me rappelle votre tendresse avec nos enfants

Je pense à vous
Et ça fait quinze ans que cela dure !
« Les souvenirs ne meurent jamais »

 

 Grimisuat, fin 2015

Coni, son beau-fils




HOMMAGE À MAURICE MÉTRAL

 Chère famille,

15 ans déjà que Maurice nous a quitté mais ton image et ton œuvre restent ancrés en nous. Il y a eu l'inauguration du monument dédié à ton honneur dont je me suis occupé en tant que président de la commune ; je relève avec humilité, mais aussi avec une fierté relative, que cette journée, placée sous le signe du recueillement, de la simplicité et de la reconnaissance fut la plus magnifique qui m’ait été donné d'organiser durant ma fonction.

J'ai été très touché par la présence de tous ces invités, par cette communauté Grônarde, ces amoureux, ces passionnés et ces défenseurs de ce noble art qu’est l’écriture de la langue française ainsi que par cette belle famille entourant leur chère maman. Leurs visages inondés de soleil rayonnaient par leur sourire et leur attention aux divers discours élogieux en son honneur et pour son œuvre émérite.

J'ai vécu une autre surprise tout aussi magnifique. En effet, suite aux vœux de Maurice, ses enfants nous ont transmis une chaleureuse affection de tous ses livres, mais la commune a aussi hérité de tous les manuscrits relatifs. Je tiens à le dire haut et fort, cher Maurice, tu restes et resteras à jamais l'enfant de ce beau pays, l'enfant qui a défendu et écrit avec passion, avec abnégation cette merveilleuse langue française que Charlemagne a instaurée. Chers enfants, chère famille, en mon nom ainsi qu'au nom de toute la population de Grône, nous vous remercions chaleureusement pour votre geste attentionné.

 

Grône, fin 2015

Monsieur Joseph De Preux

Vice-Président de la commune




Familles de Grimisuat, Chalais, Champéry, Troistorrents, et Fribourg


voir la page il y a déjà 10 ans